Both the World Bank and the African Development Bank (AfDB) provide funding for African development. Their procurement rules differ because their approaches to risk, flexibility and relationships with borrowers are different. Neither is better than the other — they are simply designed with different philosophies in mind.
EXPERTISE · BAILLEURS INTERNATIONAUX
Banque Mondiale vs BAD :
ce qui change vraiment dans la passation des marchés
Procumap International · 9 min de lecture · Banque Mondiale · BAD · Marchés publics
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On me pose souvent cette question : "La Banque Mondiale et la BAD, c'est pareil, non ?" La réponse courte est non. La réponse longue, c'est cet article. J'ai travaillé sur des projets financés par les deux institutions, parfois sur le même pays au même moment. Confondre leurs procédures, c'est l'erreur la plus coûteuse que vous puissiez faire — en temps, en énergie, et parfois en crédibilité auprès de vos équipes de supervision.
Deux institutions, deux histoires, deux cultures
Avant de parler de procédures, il faut comprendre d'où viennent ces deux institutions — parce que leurs origines expliquent beaucoup de leurs différences actuelles.
La Banque Mondiale est une institution mondiale créée en 1944, dont la culture est fortement influencée par les Anglo-Saxons — ses procédures sont rédigées en anglais, ses modèles de documents aussi, et même si des traductions existent, la version de référence reste toujours l'anglais.
La Banque Africaine de Développement (BAD) a été fondée par et pour les pays africains — son accord constitutif a été signé à Khartoum en 1963 et est entré en vigueur en 1964. Son siège est à Abidjan. Sa culture est plus francophone, plus souple dans les échanges, mais tout aussi rigoureuse dans le fond.
La comparaison qui compte vraiment
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Critère |
Banque Mondiale |
BAD |
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Document de référence |
Règlement de Passation (2016) — en anglais |
Cadre de passation des marchés (octobre 2015) — en français |
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Document stratégique |
PPSD — obligatoire depuis 2016 |
Plan d'acquisition — moins formalisé |
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Seuils d'appel d'offres |
Variables selon contexte, définis dans la PPSD |
Seuils fixes — plus prévisibles |
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Supervision |
Revue préalable ou postérieure selon le risque |
Revue préalable quasi-systématique |
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Méthodes consultants |
QCBS, QBS, FBS, LCS, SSS, CQS |
SFQC, SFQ, SBF, SFPM |
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Délai non-objection |
5 à 10 jours ouvrables — engagement contractuel |
14 jours ouvrables en général |
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Langue de travail |
Anglais — documents clés en anglais |
Français et anglais selon le pays |
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Plateforme de suivi |
STEP — obligatoire |
Portail BAD — moins unifié |
La Banque Mondiale : plus flexible mais plus exigeante sur la documentation
Depuis sa réforme de 2016, la Banque Mondiale a gagné en flexibilité. L'introduction de la PPSD et du concept de "Value for Money" a permis d'adapter les méthodes de passation à chaque contexte. En théorie, vous pouvez justifier presque n'importe quelle méthode — à condition d'en démontrer la pertinence.
Mais cette flexibilité a un prix : la documentation est devenue plus exigeante que jamais. Chaque décision doit être justifiée, tracée, documentée dans STEP. Si vous n'avez pas saisi votre dossier dans STEP, il n'existe pas officiellement.
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STEP : CE QUE C'EST ET POURQUOI C'EST CRUCIAL STEP (Systematic Tracking of Exchanges in Procurement) est la plateforme numérique de la Banque Mondiale pour le suivi de tous les marchés. Chaque étape — publication de l'avis, soumission des offres, évaluation, attribution, non-objection — doit y être enregistrée. Les projets qui ne maintiennent pas STEP à jour s'exposent à des retards de décaissement lors des missions de supervision. |
La BAD : plus prévisible, plus proche du terrain africain
Si la Banque Mondiale a choisi la flexibilité guidée par l'analyse, la BAD a plutôt opté pour la prévisibilité encadrée par des seuils fixes. Pour beaucoup d'équipes de projet en Afrique, c'est une approche plus rassurante. Vous savez à l'avance quelle méthode s'applique en fonction du montant du contrat.
La BAD est aussi, dans les faits, plus proche géographiquement et culturellement de ses emprunteurs africains. Les interlocuteurs parlent souvent français, et les délais de réponse sont souvent plus courts en pratique parce que la relation est plus directe.
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Ce que j'observe sur le terrain : Les équipes qui travaillent avec la BAD se plaignent moins des délais de non-objection — pas parce que la BAD est plus rapide sur le papier, mais parce que la communication est plus fluide. On peut appeler un spécialiste en passation de la BAD et avoir une réponse dans la journée. Avec la Banque Mondiale, tout passe par STEP et les communications officielles. |
"Avec la Banque Mondiale, vous avez plus de liberté de choisir — mais vous devez tout justifier. Avec la BAD, on vous dit quoi faire — mais on est là pour vous aider à le faire."
Quand les deux financent le même projet — le vrai défi
Il arrive — et c'est plus fréquent qu'on ne le pense — qu'un même projet soit co-financé par la Banque Mondiale et la BAD. C'est souvent le cas pour les grands projets d'infrastructure ou les programmes sectoriels importants. Et dans ce cas, la question qui se pose immédiatement est : quelles règles s'appliquent ?
La réponse courte : ça se négocie. Les deux institutions ont des protocoles de co-financement qui permettent de désigner un "chef de file" dont les règles s'appliquent pour la passation. Mais cette désignation doit être clairement formalisée dans les accords de financement dès le départ.
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⚠ LE PIÈGE CLASSIQUE DU CO-FINANCEMENT J'ai vu des équipes appliquer les règles de la Banque Mondiale pour un lot financé par la BAD — et se retrouver à devoir recommencer toute la procédure. Dans un co-financement, chaque lot ou composante peut être soumis aux règles d'un bailleur différent. Vérifiez systématiquement quelle règle s'applique à chaque contrat, pas au projet dans son ensemble. |
Laquelle est la plus difficile à travailler ?
La question revient souvent dans les formations que nous dispensons. Et ma réponse honnête est : aucune des deux n’est plus facile que l’autre — elles sont simplement différentes.
Ce qui change, ce n’est pas le niveau de difficulté — c’est la nature des exigences.
Un spécialiste en passation qui excelle avec la Banque Mondiale ne sera pas automatiquement à l’aise avec la BAD, et vice versa. Non pas parce que l’une est plus complexe que l’autre, mais parce que leurs logiques de fonctionnement sont fondamentalement différentes.
La vraie question n’est donc pas “laquelle est la plus difficile ?” mais plutôt “est-ce que mon équipe s’est vraiment adaptée aux exigences spécifiques du bailleur avec lequel elle travaille ?”
C’est cette capacité d’adaptation — et non la préférence pour l’une ou l’autre institution — qui distingue les équipes performantes de celles qui accumulent les irrégularités.
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Ce qu'il faut retenir pour votre équipe → Ne jamais supposer que les règles d'un bailleur s'appliquent à un projet financé par l'autre — vérifiez toujours l'accord de financement → Dans un co-financement, identifier quel bailleur est chef de file pour chaque composante dès le démarrage → STEP est obligatoire pour tous les projets Banque Mondiale — commencez à le maîtriser dès le premier jour → La BAD exige une revue préalable systématique au-dessus des seuils — planifiez des délais suffisants → La PPSD est uniquement une exigence Banque Mondiale — ne la confondez pas avec le plan d'acquisition BAD → Formez vos équipes spécifiquement aux règles du bailleur concerné — une formation générique ne suffit pas |
En conclusion : deux outils différents pour un même objectif
La Banque Mondiale et la BAD financent toutes les deux le développement africain. Leurs règles de passation des marchés sont différentes parce que leurs approches du risque, de la flexibilité et de la relation avec les emprunteurs sont différentes. L'une n'est pas meilleure que l'autre — elles sont simplement conçues avec des philosophies différentes.
Ce qui compte pour vous, c'est de savoir avec qui vous travaillez, de comprendre leurs règles en profondeur, et de ne jamais les confondre. La confusion entre les deux institutions est l'une des sources les plus fréquentes d'irrégularités dans les projets de développement en Afrique francophone.
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Tags : Banque Mondiale | BAD | Passation des marchés | Bailleurs internationaux | PPSD | STEP | Co-financement | Afrique francophone | Procumap International
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Armand Tehia, PMP® · CPPB®
Expert en passation des marchés · Fondateur, Procumap International
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PROCUMAP Assistant